Guide avant export pour mixage

L’export multi pistes (multitrack pour les ricains) autrement appelé piste par piste (ppp) ou encore pistes séparées, est défini par:

  • Le fait de sélectionner et regrouper tous les éléments de votre session qui vont permettre de gérer au mieux le mixage, le plus précisément possible, selon vos attentes.
  • Le fait d’exporter le tout en pistes wav (ou parfois aiff).
  • Le fait de s’assurer qu’elles soient toutes synchronisées entre elles (que le mixeur n’ait pas à recaler chaque piste les une par rapport aux autres, n’exportez pas vos loop, clips individuels, etc.....), telles quelles se trouvent dans votre session de composition dans vos différents DAW.
  • de manière à ce qu’une autre personne (en l’occurrence, le mixeur) puisse lire votre projet, simplement en important vos pistes audio dans son propre DAW, et ainsi pouvoir travailler individuellement sur ses pistes, et faire tout ce qui est nécessaire au mixage.

Exemple pistes synchronisées et non synchro

Afin d’optimiser votre collaboration avec le mixeur (ou même dans le cadre d’une collaboration avec un autre producteur), voici une liste de choses à vérifier avant envoi, et pour ceux qui n’ont pas le temps de niaiser (mais vous devriez le prendre, c’est super sympa j’ai mis un récapitulatif de quelques lignes à la fin.

Tout d’abord, il faut définir ce qu’il est nécessaire d’exporter, selon l’avancement de votre mise à plat/démo/maquette, vous devrez faire des choix sur ce que vous enverrez au mixage, surtout en ce qui concerne les effets et les sous-groupes, et pour cela, votre composition/production doit être complètement terminée!
 
Votre mise à plat doit vous satisfaire un minimum, et pouvoir être écoutée en public sans que vous en ayez honte. Le but du mixage est de passer de l’état X à X+ ou Y a Y+ pas de X à Y ! Le mixeur n’a pas pour rôle de continuer la production.
 
Il est bien évidemment courant et normal qu’il propose ses propres idées, avis, tente certains effets artistiques s’il le souhaite ou si vous lui demandez, mais donc cela fait partie de la communication entre l’artiste (ou producteur, réalisateur artistique, etc) et le mixeur, que ce dernier soit plus ou moins libre sur ses choix, cela doit être bien défini dès le début.
 

Exemple à ne pas faire:

  • envoyer votre morceau qui comporte une batterie “jazzy”, et en espérer une métal à la fin…! NON.

ll faut garder à l’esprit qu’on ne peut transformer une guitare en saxophone, ou sonner comme Barry White lorsque on a la voix de Snoop Dogg ou qu’on chante comme Adele. Malheureusement, le mixeur n’est pas sorcier  

Retravailler votre compo/enregistrement est souvent la meilleur solution.
 
En fin de compte, mixage ou pas, la source (jeu des musiciens/performance de l’interprète, qualité des instruments, de l’enregistrement, et arrangement du morceau) est toujours le plus important et déterminant pour la finalité de votre morceau.
 
Et si vous n’êtes pas sûr de l’état de votre projet (par manque d’assurance ou d’expérience), n’hésitez pas à communiquer avec le mixeur et lui faire écouter votre mise à plat avant tout envoi de multipistes ou transaction.
 
Un mixeur sérieux, honnête et professionnel vous dira s’il est préférable pour vous de continuer de travailler sur la production avant de procéder à un mixage, plutôt que de prendre votre argent et vous laisser insatisfait à la fin, car il sait pertinemment, et dès la première écoute, que vous demandez un gâteau au chocolat alors que vous ne lui proposez que des fruits.
 
→ Une fois que le mixeur a “validé” votre projet, si vous avez déjà une vision bien précise de votre morceau, donnez lui le plus d’indications possibles (dans la limite du raisonnable bien sûr…), ainsi que des morceaux de références bien choisies (ne mettez pas le dernier morceau que vous kiffez de ouf mais qui n’a rien à voir avec votre morceau).
 
Le temps du mixeur est précieux, car en fin de compte, c’est le votreNe lui en faites donc pas perdre, en évitant au maximum qu’il se demande quel est le rôle de chaque piste, et aussi en gagnant en espace et en ressource (grâce à des session moins chargées, plus claires) et en fin de compte, en efficacité.
 
Une fois que vous êtes sûr de votre morceau,

Il est, en général, conseillé d’exporter toutes vos pistes individuelles.

  • Par exemple, pour une batterie: Kick, Snare, Tom, Hats…
Mais si dans votre session, vous avez travaillé en utilisant un sous groupe/auxiliaire “Beat Group”, “Drum Bus”, etc et que vous avez appliqué des traitements spécifiques ou bien que la balance de ces éléments ont une part importante dans la “sculpture” de votre morceau, il est recommandé d’exporter à la fois les pistes séparées, mais aussi vos sous-groupes, et d’indiquer au mixeur l’état de satisfaction de votre propre traitement sur ce sous-groupe, afin qu’il puisse juger au mieux s’il est préférable de partir de ce que vous avez déjà fait, ou bien s’il pense qu’il peut le refaire lui même, en mieux, bien évidemment.
 
Vous pouvez très bien également exporter une piste ne contenant que de la reverb, un delay, ou tout effet spécial dont vous êtes satisfait, que vous trouvez nécessaire, et qui sera surement difficilement reproductible!
 
N’envoyez pas tout et n’importe quoi, mais assurez-vous simplement d’envoyer ce qui est essentiel.
  • Aussi pour une raison pratique et logique, si, lors de votre enregistrement/composition, vous avez fais plusieurs prises/pistes, qui en fin de compte, peuvent être réunies/regroupées sur une même piste, faites le avant d’envoyer… Le mixeur n’est pas votre femme de ménage

Exemple: vous avez plusieurs prises/pistes de voix, qui “sonnent” toutes de la même manière ( c’est à dire même timbre, intonation, enregistrées le même jour, au même endroit, etc,), servent un même “but” (couplet, refrain…) et qui ne sont pas destinées à avoir des traitements spécifiques, autant les rassembler sur une même piste le plus vite possible.

  • Bien sûr, rien ne vous empêche d’envoyer plusieurs prises si vous n’êtes pas sûr, mais n’envoyez pas des pistes si vous savez, au fin fond de votre être, qu’elles ne seront pas utilisées.

→ Vérifiez qu’il n’y a pas de pistes combinées par erreur (une voix sur une piste de kick, un banjo sur une piste de basse 808, etc…).

Nettoyez vos pistes, supprimez/mutez les bruits/parasites, les parties que vous ne comptez pas utiliser, etc.

Dans le cas contraire, si vous n’avez pas les compétences nécessaire (ou bien juste la flemme LOL) précisez au mixeur qu’il y aura certaines de ces tâches à effectuer avant mixage qu’on appelle l’édition, libre à lui de vous le facturer ou non, mais le mixeur n’est pas un mage, ni un mentaliste – surtout s’il est totalement étranger à la session de composition/enregistrement – il n’est pas censé savoir ce qu’il faut ou non utiliser dans votre session

En ce qui concerne les effets à laisser ou non avant export, il faut simplement vous demander et vérifier quel est le rôle de chacun.
 
Différenciez ceux qui font parties du sound design (la sculpture de votre son, la partie artistique) de ceux qui sont plus des traitements techniques, qui tendent à résoudre un problème.
 
Les 2 sont bien évidemment liés, donc dans le doute, envoyez à a fois la piste “dry” (sans traitements) et “wet” (avec), encore une fois en indiquant l’état de satisfaction de vos propres traitements et ce que vous souhaitez obtenir, et laisser ainsi libre le mixeur de faire ce qu’il juge le mieux pour vous.
 
Pour différencier art et technique, demandez-vous à chaque traitement effectué: si vous êtes vraiment satisfait de l’état actuel de l’instrument et donc que vous souhaitez que le mixeur parte de celui ci.
 
Gardez donc tout ce qui fait vraiment parti de l’identité de votre son. Pour savoir bien distinguer tout ça, oui, il faut être carré dans votre workflow.
 
Le problème de beaucoup de compositeur c’est de cumuler mixage et composition/sound design sans les différencier clairement.
 
Il faut rester concentré et être rigoureux tout le temps le plus possible.
Si vous commencez à passer 15 min sur une snare alors qu’à la base vous êtes en pleine phase créative, d’inspiration etc, c’est surement que la snare n’est pas le bon choix en premier lieu…, mais si le résultat vous plait à la fin de ces 15 minutes, là il faudra garder tout ce qui fait partie du caractère de cette maudite snare.
 
Rien n’empêche de faire du traitement technique en prod, mais il vaut mieux que ce soit effectif le plus rapidement possible, savoir où on veut aller et comment, comme ça on sait une fois terminé ce que l’on peux enlever ou non.
 
  • Exemple 1: pour une reverb insérée sur une piste (ou bien réglée directement dans un plugin instrument, un synthé, etc..), si celle ci fait partie intégrante du sound design et que vous êtes sûr qu’elle vous convienne telle quelle, laissez là, alors que si c’est plus une question d’ordre technique, pour rendre votre snare un peu plus éloignée dans le mix, ou bien mois “sèche”, mais pas de manière à ce que l’on entende clairement la reverb, là il vaut peut être mieux envoyer la piste sans effet (et dans le doute, votre traitement en exemple/guide) et indiquer au mixeur ce que vous désirez.
  • Exemple 2: Si vous avez mis un simple eq sur un kick, juste pour lui donner plus de bas, ou plus de clarté, le rendre plus précis, en général vous pouvez le désactiver pour l’export, car sauf dans le cas ou vous avez un bon niveau en technique et que vous êtes donc sûr de vos choix, le mixeur s’en occupera comme il faut lui même (selon les indications que vous lui aurez laissé).
  • Exemple 3: Toujours sur ce kick, si vous avez mis un autre eq qui change cette fois radicalement sa sonorité, et que c’est vraiment une question de gout, là, il vaut surement mieux le laisser.
  • Exemple 4: Un coupe bas sur un piano car vous avez trouvé que ça gênait d’autres éléments de votre prod et vous avez envie que ça sonne bien tout de suite, c’est bien pour la phase de prod, mais à la fin, il vaudra surement mieux l’enlever, car le mixeur sera plus à même de le faire précisément, plus efficace, car en plus, si ça se trouve, traiter le piano n’était peut être pas la meilleur solution…

En général, pour tout ce qui est compression/limiter, mieux vaut les enlever. Mais encore une fois, si votre réglage vous plait totalement, et qu’il rajoute par exemple le “groove” que vous désirez, vous pouvez le laisser. Si vous doutez, enlevez le.

♦ Pour la distorsion, si vous en avez un peu abusé, ou bien que vous n’êtes pas sûr, au même titre qu’une reverb ou qu’un delay, envoyez au mixeur la piste “dry” ainsi que celle traitée afin qu’il ait un point de comparaison.

→ Donc en résumé, pour bien savoir ce qui est nécessaire ou pas de garder comme effet, il faut que dans votre workflow de prod vous soyez focus le plus possible et bien identifier chaque mouvement que vous faites.

Ça parait dur et chi**t au début (bon oui ça l’est un peu on va pas se mentir MDR), mais à force ça deviendra totalement transparent et sans effort pour vous! Vérifiez si vos traitements mènent à des changements drastiques, si quand vous bypassez ça n’a vraiment rien à voir, demandez-vous si le mixeur pourra ou non obtenir ce résultat facilement, sans que vous lui indiquiez ou donniez un exemple.

〉Voici une analogie qui peut aider à mieux visualiser le tout: est ce que tel effet sert à construire/sculpter, ou est-ce de la peinture (mixage; le mastering pouvant être représenté par le vernissage🙂 ?

Si vous pouvez faire en sorte d’exporter vos pistes stéréo en fonction de leur image stéréo, faites-le.

C’est à dire, de vérifier s’ils sont réellement stéréo, ou bien ce qu’on appelle “fausse” stéréo: un élément qui apparaît dans votre daw comme ayant 2 channels, gauche et droite, mais qui en fin de compte, sonne totalement au centre/milieu/mid, et n’a pas de différence entre gauche et droite, ce qui définit si un son est stéréo ou non.

Exemple d'analyseur d'image stéréo
Vectorscope

Vous pouvez régler cela directement dans votre DAW avec la fonction adéquate (Split To Mono dans Pro Tools, par exemple), et pour vérifier si un instrument est stéréo ou non, je vous conseille cet outil très pratique et gratuit: votre oreille, ou sinon, n’importe quel Stereo Vectorscope fera l’affaire.

Si vous avez déjà exporté un multipistes et que vous voulez vérifier si everything is alright , il existe des soft comme “StereoMonoizer” qui permettent d’analyser si une piste est “réellement” en stéréo ou non et de la convertir au besoin.
  • Exemple courant: un Kick qui “sonne mono” (autrement dit, qui comporte donc des informations sonores uniquement ou essentiellement dans le milieu (mid) de l’image stéréo, pas de différence entre gauche et droite) exporté sur une piste stéréo—> plus de ressources utilisées pour rien, et en plus, certains plugins ne fonctionnent pas ou pas de la même manière selon qu’ils sont insérés sur une piste mono ou stéréo.

Donc, si vous exportez un hat mono en piste stéréo, c’est pas très grave, mais c’est juste pas sympatoche pour le mixeur

De plus, les indications pour le mixeur sur la panoramique et l’image stéréo souhaitée sont importantes, même si celle-ci est facilement modifiable, autant établir ce que vous souhaitez à ce niveau dès le départ.

♦ Pour les pistes mono, de toute façon, si vous laissez les pans tels que dans votre session, ça n’est pas bien grave car ça ne changera rien, à part leur niveau d’export (selon la règle de panoramique appliqué dans votre DAW, une différence généralement entre 3dB et 6 dB)… Donc pas de soucis de ce côté.

♦ Pour ce qui est des pistes stéréos, selon votre DAW, on parlera de balance (pas la même balance que celle qui désigne les niveaux généraux d’un morceau), et lorsque vous positionnerez, par exemple, le potard à gauche, vous atténuerez en fait le côté droit (soustraction de signal), et cela est très différent dans des DAW comme Pro Tools, où l’on retrouve sur les pistes stéréos; 2 potards au lieu d’un seul, et le fait de mettre les 2 potards à gauche, va cette fois çi additionner gauche et droite, à gauche.

 

→ Donc il est important de bien déterminer l’image stéréo de vos pistes avant envoie, c’est encore une fois, à vous de savoir si la façon dont vous avez réparti vos instruments dans l’image stéréo de votre morceau pendant votre session de compo est vraiment un choix artistique et donc définitif ou si vous préférez laisser le choix de le faire ou refaire au mixeur, et donc remettre cette balance par défaut.

〉Pour résumer, vous pouvez choisir d’exporter vos pistes stéréos avec la balance que vous avez choisies; ou bien d’exporter sans balance précise (ou celle de base de votre instrument tel que vous l’avez enregistré) et indiquer au mixeur que vous souhaitez telle piste panée de telle manière, ou bien de respecter/recopier la panoramique que vous avez dans votre mise à plat (que vous lui aurez envoyé au préalable évidemment).

Ensuite pour les niveaux, personnellement, je trouve que le mieux est que tout vos faders soient à zéro (vos faders, pas votre niveau en dB FS Peak..! ) avant export (à part dans le cas où vous envoyez une session sur laquelle le mixeur va devoir continuer de travailler, et pourra partir de votre mise à plat).
Gérez seulement le gain de chaque piste (le gain, pas le fader cette fois…) simplement de sorte à ne pas clipper ni être trop bas, on parle de gain staging.
 
Si vous voulez des valeurs, entre -6 et -3 dB FS en peak est très bien pour exporter.
 
Certains mixeurs préfèrent que les pistes exportées soient aux même niveaux que dans votre session, donc à vous de lui demander avant envoi.

Assurez-vous de bien nommer proprement chaque piste, pas de “audio 1”, “track 2”, “rec 3”… PLEASE.

Et si votre DAW vous ajoute automatiquement quelque chose en plus de votre propre nommage, il existe des soft tel que “NameChanger” sur Mac pour modifier plusieurs noms de fichiers en même temps.

Si vous n’avez pas envie de passer par un tel soft, ça n’est pas bien grave s’il ya “_bip” à la fin de votre track (les Logic user savent de quoi je parle), le mixeur pourra très bien s’en sortir, à partir du moment où vous avez au moins indiqué clairement ce qu’il se trouve sur ces pistes.

  • Assurez-vous de ne pas clipper/saturer, ou dans ce cas, bien le notifier lorsque vous enverrez vos pistes.
  • Fréquence d’échantillonnage: plus c’est haut, mieux c’est, mais un 48kHz est déjà très bien.
  • Résolution: au moins 24 bits (32 si vous pouvez) est recommandé.
〉 Ndlr, 44.1 kHz et 16 bits sont les normes pour le CD, et suffisent largement à retranscrire l’audio en bonne qualité.
 
Mais sans rentrer dans les détails, il vaut mieux partir d’une qualité beaucoup plus haute pour éviter au maximum les multiples dégradations, pertes et artefacts qui peuvent arriver lors du mixage, du mastering, et des différentes conversions qui peuvent avoir lieu tout au long des différents processus de traitements, jusqu à l’écoute final.

Astuce de workflow pour l’export

Question de praticité, une fois ma prod finie et prête à l’export, je crée simplement une copie de ma session de prod que je vais dédier à l’export, et où je remet donc tous les faders à 0, vérifie mes gains, nomme proprement mes pistes, enlève les effets, automations etc, non nécessaires et qui pourraient « gêner » ou ralentir le mixeur.
 
Comme ça, si jamais j’ai à revenir faire une modif de compo, je retourne sur la session de prod, qui aura gardé ma balance initial, tous les effets, automations, etc, activés, et pourrait retravailler dessus dans le plus grand des calmes.

Récapitulatif

  • S’assurer de l’intégrité de chaque piste.
  • Nettoyer un minimum vos pistes.
  • Les nommer un minimum proprement.
  • S’assurer que rien ne clip ou sature de manière involontaire
  • Définir ce que vous voulez envoyez et comment concernant l’image stéréo.
  • Me faire un virement de 15k€.
  • Se poser sous jack dans le bendo.

Dans un prochain article je ferais une procédure avant envoi au mastering, mais elle sera beaucoup plus courte alors paniquez pas la famille, on est ensemble toi même tu connais les bails khouya on est sur le terrain aieaieaie

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